Poésie

Zocalo.Adonis

 

 Totalement inédit en français, traduit avec talent par Vénus Khoury-Ghata, ce nouveau recueil poétique s’inscrit dans le prolongement de La forêt de l’amour en nous paru en 2009 au Mercure de France.

Histoire qui se déchire sur le corps d'une femme.Adonis

 

Né en 1930 en Syrie dans une famille paysanne, naturalisé libanais, Ali Ahmad Saïd Esber prend très tôt le nom d'Adonis pour devenir le plus marquant et le plus varié des poètes arabes de notre temps : le choix de ce pseudonyme traduit, dès le début, la volonté de se dédoubler et d'accepter une tradition gréco-latine en même temps que la tradition arabe.

Poète méditatif, il est l'homme de toutes les migrations, ouvert aux courants qui se croisent, se combattent et paraissent irréconciliables. Le poème est, pour Adonis, le lieu même où la pensée se forme, se déforme et se divise en paraboles. Adonis est non seulement le poète des quatre horizons, du déplacement, du métissage des chants, mais aussi de la mouvance des corps, de la dispersion des atomes, des poussières, des cendres sous le soleil.

Totalement inédit en français, traduit avec talent par Houria Abdelouahed, ce nouveau recueil poétique s'inscrit dans le prolongement de Commencement des corps, fin de l'océan paru en 2004 au Mercure de France.

 

 

Dans l'atelier du poète René Char

 

«Les poèmes sont des "bouts d'existence", fruits d'une furieuse bataille dont brouillons ou manuscrits gardent la trace. Mais qu'en était-il de leur existence, avant leur publication en recueil ? C'est le fil que l'on déroule ici : celui de la création, de l'état primitif des poèmes qui paraissent en revue, en plaquettes à tirage limité pour renaître sous un nouveau titre, kidnappés d'un volume, transformés dans un autre. Enfance, premiers écrits, adhésion au mouvement surréaliste, Résistance - autant de moments où Char se révolte et, au cœur du combat, forge ses mots et tisse ses alliances. Une histoire des poèmes imbriquée dans la vie du poète dans un parcours chronologique qui respecte le souci constant de Char de protéger l'intimité de son être. À cet "artisanat furieux" de celui qui œuvre dans son atelier se joignent les peintres, auxquels Char confie le soin d'enluminer ses textes. Des échanges de correspondance avec les philosophes, les poètes, les écrivains : Blanchot, Camus, Éluard, Gracq, Lely, Saint-John Perse ; avec les peintres, dont on trouvera les œuvres reproduites : Braque, Brauner, Giacometti, Valentine Hugo, Wifredo Lam, Matisse, Miró, Picasso, Nicolas de Staël, Vieira da Silva... scandent ce cheminement. Dans l'atelier du poète évoque ce trajet de vie dans le foyer incandescent de la poésie.» Marie-Claude Char.