jeudi, 17 janvier 2019

Musique

Le ballet Royal de la Nuit Grand divertissement pour le jeune Roi Soleil

D'après " Le Ballet royal de la nuict " (1653) d'Isaac de Benserade (1613?-1691), Jean de Cambefort (1605-1661), Louis Constantin (1679-1779) et autres compositeurs 
Orfeo (1647) de Luigi Rossi (1597-1653), Ercole Amante (1661) de Francesco Cavalli (1602-1676) et des airs de ballet d'Antoine Boësset (1587-1643), Michel Lambert (1610-1696)

 

  • Ensemble Correspondances
  • Sébastien Daucé (Direction) 
  • Judith Fa (Soprano) : Pasitea, Mnémosyne
  • Deborah Cachet (Soprano) : La Lune, Déjanire, Une grâce française
  • David Tricou (Ténor) : Apollon, L'Aurore
  • Davy Cornillot (Ténor) : Endymion
  • Etienne Bazola (Baryton) : Le Sommeil
  • Renaud Bres (Baryton) : Hercule
  • Nicolas Brooymans (Basse) : Grand Sacrificateur
  • Lucile Richardot (Mezzo-soprano) : La Nuit, Vénus italienne
  • Violaine Le Chenadec (Soprano) : Une Heure, Cintia, Une grâce française
  • Caroline Weynants (Soprano) : Eurydice, Une grâce française
  • Ilektra Platiopoulou (Mezzo-soprano) : Junon
  • Caroline Dangin-Bardot (Soprano) : Vénus, Le Silence
 

L'italienne à Alger

Les ensembles français ont la cote à Salzbourg : après Les Arts florissants pour Le Couronnement de Poppée, c'est ce soir Matheus qui officie dans la fosse. L'orchestre montre davantage de cohésion qu'on lui en a parfois connu, dirigé d'une main ferme par Jean-Christophe Spinosi, avec ce qu'il faut d'animation et de précision dans l'étourdissante mécanique des finales.

Adieu l'exotique poésie de la turquerie, sacrifiée sur l'autel d'une trivialité ringarde. Patrice Caurier et Moshe Leiser situent certes l'action à Alger, mais aujourd'hui, devant un immeuble hérissé de paraboles, puis dans le salon miteux de Mustafa, où trône une photo de Zinédine Zidane. Le bey est devenu un petit mafieux, régnant sur une bande de racailles en survêt' qui font du trafic d'écrans plats. On découvrira plus tard qu'il ne retient pas en otages des esclaves italiens, mais... les footballeurs de la Squadra azzurra.

Tadeo porte un slip à l'effigie de Superman, Lindoro des dreadlocks (évidemment il fume un joint), Isabella balance sa petite culotte à la figure de Mustafa qui s'enivre de ses effluves, etc., etc. Si les gags se succèdent à un rythme épousant celui de la musique et de l'intrigue, le moins que l'on puisse dire, c'est que le trait n'est pas d'une excessive finesse. Bien sûr, on n'échappe pas à la référence au cinéma italien des années 1960, tarte à la crème du théâtre rossinien contemporain : et revoilà Anita Ekberg dans sa fontaine. Rien de neuf sous le soleil, donc.

 

Didon et Enée Purcell

Complément naturel de l’Orchestre et, comme celui-ci, composante artistique à part entière de l’Opéra de Rouen Normandie, le Chœur accentus / Opéra de Rouen Normandie est un ensemble de chanteurs professionnels non permanents sollicités en fonction des besoins des productions. Placé sous l’autorité artistique d’accentus, ensemble dirigé par Laurence Equilbey, il affiche une géométrie très variable épousant l’effectif des ouvrages présentés à l’Opéra de Rouen Normandie. Chaque spectacle est l’occasion d’une rencontre avec un chef de chœur choisi en fonction de l’esthétique de l’ouvrage proposé. Le Chœur se produit notamment sur la scène du Théâtre des Arts de Rouen à l’occasion de la plupart des productions lyriques de cette structure, mais également en tournée en région et au-delà, suivant les activités de la saison. Sa vocation, sa formation et son ambition le conduisent aussi à proposer sa collaboration aux opéras, troupes ou festivals dépourvus de moyens choraux et souhaitant faire appel à un ensemble expérimenté.

 

Alcione de Marin Marais à l'Opéra-Comique

Alcione est le grand œuvre de Marin Marais. Le génial gambiste, compositeur de tant de morceaux de musique de chambre, eut une carrière lyrique restreinte : la position prédominante de Lully rendit longtemps tout autre compositeur réduit au silence dans le domaine lyrique…. Ce n'est qu'à la quarantaine que Marais put enfin faire jouer une œuvre à la scène. Il devint bientôt le chef d'orchestre permanent de l'Académie Royale de Musique, mais n'y donna en tout que 4 opéras.

 

Sans conteste Alcione (1706) est le plus abouti, et fut aussi son plus grand succès, repris tout au long du siècle, mais aussi joué en extraits au Bal de la Cour, notamment sa fameuse "Tempête". C'est d'ailleurs ce morceau de bravoure orchestrale qui devait laisser l'œuvre en mémoire durant trois siècles… Jusqu'à l'aboutissement, mûri de trente années, de voir Jordi Savall monter une version scénique de cette œuvre qui compte plus que toute autre pour lui.

Car c'est bien le violiste Savall qui est au cœur de ce projet : il connaît et pratique intimement la musique de Marais depuis un demi-siècle, et "Tous les matins du Monde" ont fait de lui le plus célèbre défenseur de ce répertoire. Après avoir savamment travaillé sur les musiques d'orchestre des opéras français, de Louis XIII à Rameau, après avoir joué et enregistré les Suites de Danse d'Alcione, voici enfin le passage à la scène avec l'œuvre intégrale. Ayant choisi une magnifique distribution vocale, confié la mise en scène à la subtile Louise Moaty, voici Jordi face à son "père" Marin Marais : une rencontre au sommet !

Lea Desandre, qui interprète Alcione, a reçu la Victoire de la musique classique de la Révélation artiste lyrique 2017. 

 

Les chevaliers de la table ronde

Les Chevaliers de la Table ronde est la première des grandes opérettes d’Hervé, lequel inaugure avec cette pièce le cycle de ses quatre chefs-d’œuvre (suivront L’Œil crevé, Chilpéric et Le Petit Faust). L’ouvrage narre moins les aventures connues de Lancelot ou Merlin qu’il n’utilise un monde imaginaire coloré d’allusions aux fééries du Moyen Âge. 

Lire la suite : Les chevaliers de la table ronde

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