Cela fait vingt ans que Moshé a débarqué d'Israël à New York, où il vivote dans le commerce de l'occasion. De sa vie passée, il n'a conservé qu'un élément vital : la poésie qu'il compose, nourrie par sa ville d'adoption. Son public, ce sont les habitués d'un bar israélien où les exilés se retrouvent pour parler hébreu. Un jour, Moshé apprend la mort de la femme qu'il a laissée en Israël, avec leur fils alors tout petit, Tzach. Démobilisé de l'armée à la suite d'une bavure, celui-ci a entrepris de le chercher à New York...
Portée par un beau duo d'acteurs, cette ode à New York a résonné comme un retour aux sources pour les fans d'Amos Kollek (Sue perdue dans Manhattan), qui sait filmer comme personne sa fièvre mêlée de désespoir. D'autant que le restless du titre original ("sans repos", littéralement) désigne aussi le pays d'origine du cinéaste, déchiré par une guerre sans fin dont les échos peuplent le film. D'une terre promise à l'autre, Moshé le fuyard, incarné par le vibrant Moshe Ivgy, renvoie un émouvant visage du doute et des contradictions humaines.