Gouliseuse
  • Bonjour
  • Lu en 2025/26
  • Poésie
  • Les auteurs
    • Les auteurs découverts récemment
    • Liste des auteurs
    • Langue des auteurs
  • voir et entendre
    • Goulimage
    • Goulyrique
  • Livres
  • Lu par année

Une écriture folle et iodée comme la tempête.Télérama

Avec sa grâce de toujours, l’autrice revient dans son cher Médoc, où rôdent les fantômes. Une écriture folle et iodée comme la tempête.

Les lecteurs familiers d’Anne-Marie Garat se réjouiront de retrouver, dans cette Nuit atlantique, personnages et thèmes chers à cette conteuse qui pratique l’envoûtement littéraire à forte dose. Pour les autres — ces chanceux ! —, voici l’occasion de découvrir une romancière d’une grâce infinie, une amoureuse des histoires sinueuses et des phrases tourbillonnantes. En sa compagnie, nous nous rendons cette fois-ci du côté de Blaye et de Soulac-sur-Mer, dans un Médoc qu’Anne-­Marie Garat connaît bien et qu’elle nous faisait découvrir dès son premier livre, L’Homme de Blaye, en 1984.

Son héroïne, Hélène, rencontrée dans Nous nous connaissons déjà (2003), débarque dans la maison sur la dune qu’elle acheta sur un coup de tête, dix ans auparavant, à une certaine Mme Dhal, et qu’elle veut désormais mettre en vente tout aussi brutalement. La villa est poussiéreuse, vétuste, mais habitée, squattée à vrai dire, par un photographe nippo-canadien à la recherche de paysages d’autrefois, sur cette côte atlantique truffée de blockhaus « dégringolés de la dune et couchés dans le sable, recouverts à chaque marée ». Le passé vient donc frapper à la porte et les fantômes ne sont jamais loin, planqués derrière des clichés en noir et blanc.

Alors qu’Hélène pensait faire le ménage dans son existence, la voici donc affublée d’un locataire imprévu. Et bientôt de sa nièce et filleule, Bambi, venue chercher auprès de sa marraine un peu d’écoute et beaucoup d’affection. C’est le début d’une grande aventure où la nature se met en colère, où le paysage est vite bouleversé par de trop grandes marées. Hélène s’imaginait seule pour réfléchir au coin du feu, et la voilà menacée par les eaux, sauvée par un presque inconnu, bousculée dans ses souvenirs, sa mémoire, ses envies de changement.

Anne-Marie Garat rend hommage à toutes les formes de la fiction, dans ce roman qui disperse à chaque instant nos convictions. Un brin de fable médiévale, pour parler d’amour courtois. Un peu de résonance sociale, lorsqu’il s’agit de dire la folie des promoteurs sur ces plages rongées par les sables. Des fragments de souvenirs qui, la nuit, frôlent les vivants comme des spectres. Mais aussi de la passion pour la photographie argentique, de saines colères quand le matin arrive trop vite et beaucoup d’amour pour les hommes, les femmes et la littérature… Et il ne faudrait surtout pas oublier de souligner la beauté de la langue d’Anne-Marie Garat, enveloppante comme la vague et folle comme la tempête, qui balaye tout et nous laisse pantois devant tant de métamorphoses, mais aussi d’amour pour la vie et de plaisir d’écrire.

Christine Ferniot

 

Les critiques

  • La mue et l’amour dans « La Nuit atlanti...
  • La nuit grandiloquente, soliloque, prous...

Etiquette

nuitatlantiquegarat
  • Chansons et texte
  • Musique
  • Gouliseuse
  • Les films
  • Les documentaires
  • Gouliseuse