Gouliseuse
  • Bonjour
  • Lu en 2025/26
  • Poésie
  • Les auteurs
    • Les auteurs découverts récemment
    • Liste des auteurs
    • Langue des auteurs
  • voir et entendre
    • Goulimage
    • Goulyrique
  • Livres
  • Lu par année

L'homme sans épaules

Proche, dans sa jeunesse, de François Augiéras, Francesca Yvonne Caroutch (née en 1937 à Paris) écrivit à ses côtés dans la revue Structure de son père, Pierre Renaud. Son premier recueil de poèmes, Soifs, publié en 1954 alors qu'elle était encore lycéenne fut salué dès sa parution par, entre autres, Pierre Reverdy, Gaston Bachelard, Jean Paulhan, André Pieyre de Mandiargues, et Jean Grosjean, dans La Nouvelle Revue française ; il fut suivi par une trentaine d’autres livres. La voix de Francesca Yvonne Caroutch portait déjà si bien, que Luc Bérimont pouvait déjà voir en elle, plus qu'un événement, une révélation littéraire. En vers comme en prose, Caroutch s’exprime en de fortes et singulières images. L’angoisse, le fantastique, l’amour, la blessure du temps, l’onirisme, habitent cette poésie comme autant de forces incantatoires; une poésie qui régénère les strates vives du langage et de l’existence. C'est un monde fantastique qui s'éveille autour d'elle, comme l'a écrit Serge Brindeau, un monde peuplé de spectres, de fantômes, d'oiseaux de proie, de fleurs venimeuses. Malgré les breuvages enchantés, la luxure sera qualifiée de frigide, et même la verdure restera noire. La fièvre gagne les éléments. Le réel et le surréel, marqués de la même passion, posent la même énigme, insoluble. Les allégories ne seront "jamais décryptées". Nous n'en aurons jamais fini avec les démons contradictoires qui nous habitent: C'est l'heure où les chevaux ruissellent - sous la neige grise des phalènes - Un lieu probable nous attend - au-delà du galop des eaux - Nous ne tuerons jamais - la chimère glacée dans sa pelisse de flammes courtes. Francesca Yvonne Caroutch, poursuit Jean Breton, essaie de retrouver l'être primitif en nous, sa force de roc et d'auroch. Son poème est ouvert à une grande panique végétale. Elle en appelle au Cosmos pour donner un cadre à nos instincts enfouis. Elle confond l'homme à la plante, le désir à la germination, l'éternité au sommeil qui dissoud nos contradictions. Ainsi s'écarte l'angoisse et naît la chance de durer, comme si ce mimétisme au minéral pouvait nous donner la santé des pierres. Francesca Yvonne Caroutch, qui est à nos yeux l’une des voix féminines les plus importantes de la poésie contemporaine, a publié dans la 2ème série des HSE, ainsi que dans la 3ème série. Elle a été présentée (par Christophe Dauphin) et publiée comme « Porteur de Feu », dans les HSE 17/18, en 2004. Certaines de ses œuvres sont traduites en italien, anglais, japonais et portugais. Francesca Yvonne Caroutch est également romancière, essayiste et traductrice de poètes italiens, comme Dino Campana et Ungaretti. Elle a donné des essais sur la poésie et sur le bouddhisme tibétain, ainsi que cinq ouvrages illustrés sur le mythe de la licorne et son origine orientale. La Licorne est on le sait l’alliée souveraine du poète au point d’être devenue l’emblème de sa quête d’unité, comme elle l'a écrit : "Le terme "monstre" dérive d’un terme latin signifiant, comme en italien, montrer. C’est la face cachée de notre lune intérieure qui révèle, à l’instar de nos écrits, un peu de nos désirs et de nos frayeurs.Bien que symbolisant la vie et la mort, le bien et le mal, puisqu’elle transcende tous les contraires, la licorne est toujours bénéfique. L’animal de la vacuité appartient à l’espace d’où il surgit, depuis la nuit des temps. Cet Eros de l’esprit est l’antidote contre les poisons du dehors et du dedans. Les chamans de la nuit des temps avaient déjà sacralisé ce symbole de puissance et de fécondité.La bête de neige peut se montrer terrible et féroce, comme dans la Bible. Mais elle demeure cependant l’emblème de la pureté, de la justice par excellence, de l’esprit d’éveil et de l’amour pour tous les êtres.Elle ne fait que de rares apparitions dans mes poèmes. Mais elle se trouve en filigrane derrière tous mes écrits. Fée des glaces, la licorne laboure le champ des écritures divines. Les fleurs et les femmes ouvrent tout grand leurs corolles – méditation en relief jusqu’au lieu d’incinération intérieure, où le désir se consume avec la passion sur le bûcher de la Connaissance. Les dieux nous parlerons face à face lorsque nous découvrirons notre véritable visage." Christophe DAUPHIN (Revue Les Hommes sans Epaules

  • Chansons et texte
  • Musique
  • Gouliseuse
  • Les films
  • Les documentaires
  • Gouliseuse