Cavalcade noire
Lentement, comme cailloux dans l'eau de notre quotidien, Pierre Michon commence à élargir le cercle de ses lecteurs. Chez Verdier deux courts récits La grande Beune et le Roi des Bois ont rendu plus visible l'empreinte de cet écrivain de l'intranquillité, et lui le timide metteur en mots, tremblant amoureux des pierres et des longues phrases, se trouve projeté mal à l'aise tel une chouette effarvatte dans la lumière du public. Pourtant il y avait déjà une rivière souterraine « Pierre Michon » qui coulait, sinueuse, au milieu de ceux qui avaient reçu cette liturgie païenne des lentes existences humbles et ternes des Vies Minuscules, son maître livre.